6 réponses à donner aux anti-féministes, le DIY de la punchline

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« Je suis féminisme mais… », « Je préfère dire… », toutes ces phrases découlent d’un effroi à l’entente du mot Féminisme. Et on les a déjà toutes entendues. Pourquoi on devrait parler de féminisme ? Les féministes détestent-elles les hommes ? Je t’offre une petite liste de réponses prêtes à l’emploi pour toutes ces situations où tu as juste eu envie de lever les yeux au ciel… parce qu’il n’est pas toujours facile d’organiser ta pensée du tac au tac.

 1. « Si le féminisme veut l’égalité, pourquoi ne pas parler d’humanisme ou d’égalitarisme ? »

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Bien que les hommes souffrent aussi de la situation actuelle (je t’en parle plus bas), ils ne souffrent pas autant du patriarcat que les femmes. Pour les femmes, ces discriminations sont économiques, sociales et politiques. Cela se ressent via de l’oppression, le harcèlement quotidien dans l’espace public, jusque dans nos fiches de salaire. De fait, il serait dangereux de nier que le problème, à l’heure actuelle, ne se trouve pas prioritairement du côté féminin. 

En substance, tout cela n’est qu’un débat de langage. L’égalitarisme et l’humanisme ont les mêmes objectifs, à savoir le bien-être et le respect de tous. Oui. Par contre, refuser d’utiliser le mot féminisme dévoile une certaine hypocrisie, car cela revient à nier qu’actuellement les femmes subissent de nombreuses discriminations, et donc à nier une partie de la population, et ce n’est en aucun cas humaniste. 

Si tu es humaniste, tu es féministe par la même occasion.

2. Les féministes détestent les hommes

Absolument ! Et à chaque pleine lune, on se rassemble pour nos rituels sataniques et pour égorger une chèvre noire et un jeune homme vierge en offrande à Satan, qui est une femme d’ailleurs. On brûle aussi des statuettes à l’effigie de Zemmour et Trump. 

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Bref. Je rigole. (Sauf pour les statuettes.)

 Encore une fois ici, ces arguments découlent d’une mauvaise compréhension du combat qu’est le féminisme, donc reprenons depuis le début :

A la base du féminisme se trouve le constat des systèmes de domination, issus du fait que seuls les éléments les plus forts survivaient lors des débuts de l’humanité. On remarque que l’humain a toujours agi et construit sa puissance autour de ce modèle, et donc en opprimant tout un tas de personnes, comme avec le fait colonial par exemple. Si le féminisme défend la cause des femmes, il est aussi démontré que le patriarcat finit par oppresser les hommes, et ce sur tout un tas de sujets. Le féminisme va donc aussi défendre les intérêts des hommes.

3. « Ouais mais les hommes, on est pas tous comme ça ! »

Régulièrement, un homme tend à se sentir visé par les discours féministes. « On n’est pas tous comme ça ». Nous le savons, encore heureux d’ailleurs, et c’est bien pour cette raison que le combat existe.

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A noter que si, heureusement, les mœurs et le comportement de nombreux hommes ont changé, c’est grâce au féminisme. Mais ce serait absurde d’arrêter là, alors que tant d’inégalités existent encore. Le féminisme ne combat pas les hommes, il combat un système qui est porté non pas par des hommes, mais par des conservateurs qui peuvent tout aussi bien être des femmes. Ce n’est pas une bataille entre personnes physiques. 

Le féminisme n’a jamais eu pour ambition de retirer des droits et des libertés aux hommes. Il n’est question ici que de remonter les libertés et les droits des femmes. Il est absurde de penser que lorsqu’une catégorie a toujours été privilégiée, il faut absolument la rétrograder pour faire monter l’autre. 

4. Les féministes en veulent toujours plus

Carrément. On a le droit de vote, de quoi on devrait encore se plaindre ? Parce qu’au final, est-ce vraiment important si mon salaire est si bas par rapport à mon collègue, si une femme meurt sous les coups de son conjoint tous les 2 jours, si des milliers de femmes sont excisées, mariées de force, violées, tuées chaque année ? Franchement les féministes, ça va trop loin. 

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Ici, tu sentiras bien que je trouve le propos tellement absurde que je me tourne automatiquement vers la dérision. En général, la personne qui énonce cette phrase pense aux « combats de second plan » du féminisme, comme la représentation à la télévision, aux couleurs clichées utilisées en publicité etc. Or, si nous n’en avons jamais assez, c’est parce qu’il y a tout à refaire. L’égalité s’acquiert en grande partie par l’inconscient, par le contexte social. Et c’est sur tous ces plans que le féminisme réclame justice, et en réclamera jusqu’à ce qu’elle soit atteinte. 

5. Le féminisme impose une pensée unique

C’est faux. Même si en lisant In’fluence Magazine, tu as accès à une idée assez cohérente du féminisme en accord avec nos valeurs, cela ne veut pas dire que toutes les féministes sont d’accord avec nous. Il existe une multitude d’interprétations du féminisme.

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Il s’agit avant tout d’un courant de pensée, politique et philosophique qui, de fait, amène automatiquement une grande diversité d’opinions. Je pense notamment à la question du voile, de la prostitution, de la nature biologique des genres, … 

Le féminisme ne se targue pas d’avoir la solution à tous les débats, mais il a le mérite de les ouvrir, car une société qui pense, c’est déjà une société qui agit. 

6. Oui mais avec les féministes, on ne peut plus rire de rien/plus rien dire/plus rien faire

Il est vrai que le féminisme, dans tout son extrémisme, va poser qu’il n’est pas correct d’insulter une femme, toucher une femme sans consentement, harceler une femme, discriminer une femme, tuer une femme. On ne peut vraiment plus rien faire…

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Encore une fois, il s’agit ici de comprendre que le sexisme est intériorisé, et qu’il s’illustre dans tout un tas d’actions du quotidien. Les blagues sexistes, même si elles ne sont que des blagues, légitiment que la femme est moins ceci, ou trop cela (insérer ici une chute sexiste), et donc qu’il est socialement toléré de les moquer en public. 

Les actions du quotidien forment des habitudes, les habitudes forment des traditions, une tradition qui n’évolue pas avec son temps devient un dogme, et les traditions forment des sociétés. CQFD