Bazar de la Charité : nouvelle série TF1/Netflix inspirée de l’incendie historique

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Dès aujourd’hui, Netflix s’empare de la célèbre histoire de l’incendie du Bazar de la Charité à Paris dans une série aux nuances féministes. Retour sur cette histoire pour laquelle il est encore difficile de démêler les faits des fabulations.

Que s’est-il réellement passé ?

Le 4 mai 1897 est organisé ce qui était alors l’un des plus grands évènements de la bourgeoisie parisienne : le Bazar de la Charité, une vente de bienfaisance aux allures de soirée mondaine, rassemblant les plus riches aristocrates et bourgeois de l’époque. 

Cette année-là, le cinématographe fait figure d’invité d’honneur. L’innovation attire les plus grands curieux, mais sera également l’origine de leur perte. A l’époque, l’appareil fonctionne par la combustion des vapeurs d’éther, qui alimente la lampe du projecteur. Vers 16h30, ces vapeurs d’éther s’enflamment. Le bâtiment à la structure faible en bois, mal isolé et orné d’une multitude de rideaux disparait sous les flammes en quelques minutes à peine.

Œuvres d’arts, robes, rideaux, murs et moulures s’embrasent tandis que les 1200 invités tentent de s’échapper. A l’époque, les pompiers prennent environ 15 minutes pour arriver sur les lieux. Minutes après lesquelles il ne restera déjà presque rien.

Les femmes, principales victimes

L’évènement met le tout Paris de l’époque en émoi. La presse s’embrase à son tour, contant le drame. Mais un élément attirera principalement l’attention : sur 125 victimes, 120 sont des femmes. L’accident secoue Paris, et ajoutera à sa liste plusieurs « morts indirectes », décédés des suites de crise cardiaque à l’annonce de la mort de leurs proches.

Sur les murs de la chapelle Notre-Dame-de-Consolation, les noms ornant le mémorial font curieusement écho aux affiches anti-féminicides. Selon la Présidente de l’association en mémoire de l’incendie, il n’y a rien de curieux : « Les soirées de charité étaient l’apanage des femmes, il n’y avait que très peu d’hommes sur place ». Mais certains témoignages ne sont pas du même avis.

Très tôt, la presse raconte le drame sous un filtre bien moins rassurant. Les robes des femmes étaient certes incroyablement inflammables et peu pratiques, mais certaines descriptions laissent à penser que les hommes auraient littéralement sacrifié bon nombre de femmes et enfants pour sauver leur vie. Les médias traitent les hommes présents de lâches, de brutes et les accusent d’avoir abandonné les femmes, voir battu ces femmes pour s’échapper. 

Rumeurs ou faits ?

Nous n’avons aujourd’hui que notre imagination pour nous en persuader. Parmi les victimes, nous en comptons bien sûr des héroïques. La plus connue étant la duchesse d’Alençon, petite sœur de l’Impératrice Sissi, qui se serait battue corps et âme pour sauver les victimes et préféra sortir la dernière. Son corps sera retrouvé prenant dans ses bras la vicomtesse de Beauchamp, comme pour lui masquer la mort qui l’attend.

Au 19e siècle, les débats tourneront plutôt autour du concept de galanterie. Mais certaines productions poseront ce qui peut aisément se comparer avec une sorte d’émergence de pensée féministe. Le « Petit journal » écrira non sans sarcasme : « Si les hommes ne sauvent plus les femmes…cela veut dire que les deux sexes sont enfin égaux ? ». Or, le concept galanterie a effacé celui de l’égalité des sexes. Un être humain, femme ou homme, vaut un être humain.

Une histoire qui fait froid dans le dos, mais on a hâte de commencer l’adaptation par Netflix, où nous suivront l’histoire de 3 femmes de l’époque liées à l’évènement, toutes désireuses d’une émancipation féminine sonnant comme une utopie pour l’époque…