C’est Noël, je bois quoi ?

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Chaque année, les festivités riment avec déboutonnage de pantalon et bonnes boissons. De l’incontournable champagne au traditionnel vin rouge, en passant par un blanc sucré, le mois de décembre est l’occasion de se détendre, en famille ou entre amis !

Champagne, s’il vous plait !

Mais quelle galère, te retrouvant au milieu du rayon « alcool » de ton supermarché, incapable de savoir quoi sélectionner pour ton dîner. Pas de panique ! Résumé des incontournables, des associations de choix et sélection des breuvages qui feront à coup sûr de ta soirée une réussite. Et en bonus, une petite liste de vocabulaire pour te la péter au repas !

La base des accords

Pour faire simple, il existe deux types d’accords : l’opposition ou l’accord en phase. Le premier cherchera à contrebalancer les saveurs pour les équilibrer, tandis que le second tendra vers la continuité d’une saveur déjà présente dans le plat. Par exemple, on équilibre l’acide avec du sucre, comme quand tu associes ta robe en dentelle à des Doc Martens. C’est tout simple !

Pour commencer… Un champagne

Si l’on cherche un champagne de renom et aux lettres Belges, c’est le Ruffus qui vient directement à l’esprit. Sauf que ton portefeuille d’étudiante t’a forcément tournée vers la catégorie des cava, et c’est très bien ! On a tendance à oublier que beaucoup de vignobles belges font aussi des bulles, et bien moins chères qu’un Ruffus.

Cherche une appellation crémante ou un Bourgogne en magasin. Le « Cava Recoda Brut »est également une superbe alternative, il n’est pas trop chargé en sucre ni trop pâteux. Tu le trouveras au Colruyt pour moins de 10 euros.

Viande ou saveurs champignons-noix grillées pour les végés

Un champagne plutôt ancien avec un millésime ou crémant italien pourrait parfaitement convenir. Mais si tu es une adepte du traditionnel vin rouge, qui se mariera très bien avec les saveurs grillées, opte pour un vin rouge de structure moyenne (la liste de vocabulaire suivra promis), tels que les Bourgognes ou les Beaujolais, fins et délicats.

Du poisson ou des légumes bref, des saveurs crémeuses

Avec ce côté crémeux, on cherche à contrebalancer avec un vin acide. Le blanc entre en scène, demande un Sauvignon de la Loire ou des vins d’Alsace, qui vont venir rafraîchir le palais pendant le repas.

Noël dans la bouche

C’est Noël, et on veut que ça sente Noël. Un vin aux notes épicées, boisées, dont l’odeur même appelle à se poser au coin du feu. Si c’est ce que tu cherches, c’est un Languedoc qu’il te faut !

Mais pourquoi se limiter aux vins alors que nous sommes au pays de la bière ? Une Saint-Feuillin Grand Cru peut exactement remplacer le champagne lors de l’ouverture des festivités et ce, avec tout autant d’élégance. Si tu cherches une bière de Noël, la Chimay Bleue sera la star. Historiquement, cette bière était d’ailleurs saisonnière et uniquement produite pour la saison des fêtes, c’est donc bel et bien une bière de Noël !

Dessert chocolat ou fruité, si ton estomac y arrive encore…

Avec un dessert au chocolat, c’est assurément un vin rouge ultra tannique qui fera un mariage d’amour avec le cacao. Un rouge sec, type Bordeaux, Côte de Rhône ou Languedoc.

Si le repas se termine sur des notes fruitées, il faudra contrebalancer l’acidité avec un vin liquoreux, c’est-à-dire très sucré. Si l’on termine avec une préparation fruitée plus douce en acidité et déjà équilibrée (par exemple des tartes), le crémant pourra faire son retour pour un accord parfait.

Du fromage, donc du rouge ?

Et bien non ! Le tableau classique de la gastronomie française entretient une idée reçue tenace, et l’on s’imagine un plateau de fromage s’allier parfaitement avec un vin rouge. Or, le rouge est une boisson forte en tanins qui vont s’accrocher au palais, et le fromage est de base un lait caillé qui accrochera tout autant en bouche et qui est de plus très gras.

Pour contrebalancer le gras de la pâte du fromage, tourne-toi plutôt vers un blanc acide ou un crémant. Essaie, tu sentiras que ton palais appréciera plus le moment, c’est promis ! Tu peux aussi, si tu aimes ça, te tourner vers un blanc doux et liquoreux comme le Sauterne.

 

Tips : j’ai vite mal au crâne ! Je fais quoi ?

La capacité à supporter l’alcool est très personnelle, et on ne peut s’avancer sur les raisons de tes maux de crâne. Pour commencer, la base : boire doucement, siroter, et surtout ne pas oublier de s’hydrater durant la soirée, le manque d’hydratation étant le premier facteur de ton actuel ou futur mal de tête.

Certaines ne supportent tout simplement pas bien la molécule d’éthanol, et là, il sera préférable de se tourner vers un bon vieux Kidibull.

Dans d’autres cas, ce sont les sulfites qui sont mal ingérés, ça peut être dû à une allergie par exemple. Cela peut paraître surprenant, mais si c’est ça, tu seras probablement plus à l’aise en sirotant un breuvage distillé (Gin, Vodka ou Whisky) tout le long de la soirée plutôt qu’en avalant rapidement un crémant ou un vin.

 

Cadeau : petite liste de vocabulaire pour te la péter au repas !

En bonus, voici une petite liste de vocabulaire à sortir lors du repas ou à ton prochain date. De quoi impressionner ton crush ou ton oncle, ou tout simplement pouvoir répondre au serveur qui te fait goûter ton vin et à qui tu as déjà eu milles fois envie de répondre « Bah ouais, c’est du vin quoi ! ». Ne me remercie pas.

  • Empyreumatique: Ce mot désigne des saveurs fumées et grillées, que tu peux sentir sur certains vins rouges. Phrase type : colle ton nez dans le verre, ferme les yeux avec un air spirituel et dis « Voilà un breuvage aux saveurs empyreumatiques… ».
  • Organoleptique: Ici on fait référence au sens, ça revient à dire « au point de vue sensoriel ». Par exemple : « Oh ! Ce vin est fascinant au point de vue organoleptique ! ».
  • Rétro-olfaction : Mise en situation : tu avales une gorgée de vin et ensuite tu respires tout en gardant la bouche fermée. Tout un tas d’arômes du vin ressortent et embaument la bouche une fois le liquide avalé et l’alcool dissipé, c’est ce que l’on appelle la rétro-olfaction. C’est en quelque sorte le souffle du vin. Là, tu peux mettre tout le monde en PLS avec un « Mmmh… Il est très empyreumatique en rétro-olfaction !». Boum, combo.
  • Tannique: Tu visualises cette sensation que tu as avec certains vins rouges, quand ta langue râpe sur ton palais et que les saveurs accrochent ? Et bien ça, c’est l’œuvre des tanins, provenant des pépins du raisin, qui se trouve en plus ou moins grande quantité dans un vin.

Un vin tannique, c’est donc un vin avec une grande quantité de tanins. La quantité ne dit rien sur la qualité, mais c’est plutôt la sensation en bouche. Un vin de qualité et tannique sera ample, soyeux et tapissera ta bouche. La sensation d’astringence par contre peut révéler une mauvaise qualité des tanins. Si tu apprécies un rouge plus léger, demande au serveur un vin pas trop tannique.

 

Joyeuses fêtes !

* Cet article a été réalisé en collaboration avec Fabrizio Buccella, sommelier et spécialiste des vins et bières.

Plus d’infos ? Jette un œil au livre de Fabrizio !