Dans mon couple, c’est mon mec qui porte la charge mentale (et ça craint aussi)

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T’as fait la vaisselle ? T’oublie pas de sortir les poubelles ? On a encore du gel douche ? Il n’y a pas que les nanas qui s’énervent à répéter ces phrases en boucle. Dans mon cas, c’est mon mec qui, de nous deux, porte la charge mentale. Et c’est tout aussi naze. 

C’est en suivant le compte Instagram @taspensea que j’ai pris une claque dans la tronche. J’avais déjà conscience de ce déséquilibre dans mon couple, mais je ne m’étais jamais rendue compte de comment mon mec devait le vivre. 

Avant tout, je t’explique ce qu’est la charge mentale exactement. En gros, c’est le poids de toutes les charges d’un foyer. La personne sur laquelle repose la charge mentale n’effectue pas forcement l’entièreté de ces tâches, mais elle en est le gérant, c’est-à-dire qu’elle est la seule à savoir ce qui doit être fait et quand, où sont rangés certains objets, quelles sont les marches à suivre dans certaines situations, etc. On parle souvent de charge mentale dans les cas où le reste du ménage ne remplit pas son rôle et est en véritable démission. Et les nombreux témoignages, ainsi que nos vécus perso, montrent que cette charge pèse souvent sur les femmes. 

Mon expérience : l’exception qui confirme la règle

Dans mon cas, le stéréotype est brisé. C’est mon mec qui connaît le contenu des étagères, qui sait s’il reste du produit pour le linge, et qui pense toujours à ce qu’il ne manque rien dans le frigo. Je suis une bordélique invétérée et il a bien compris que pour vivre sereinement, il fallait qu’il prenne le relais. 

J’appelle ça « la chaîne de responsabilité ». On a tendance à négliger des tâches si on sait que quelqu’un sera là pour les prendre en charge à notre place. On dit aussi qu’on « passe derrière quelqu’un », ce que nos parents ont fait longtemps pour nous. Et, clairement, dans notre foyer, c’est mon homme qui est à la fin de cette chaîne. 

Je ne compte plus les disputes qui ont éclaté pour des raisons aussi stupides que des assiettes pas lavées, ou du linge qui traîne dans un coin. Les choses allaient tellement loin que je lui ai souvent dit, en riant jaune, que je lui souhaitais bonne chance pour expliquer à nos amis et nos familles qu’on a rompu pour une question de nettoyage.

Sauf que voilà : dans le sens inverse, on comprendrait totalement une femme qui plie bagage pour cause de désinvestissement de son conjoint dans les tâches ménagères. On dit souvent que les hommes cherchent en leur femme une « deuxième maman », et dans mon cas, c’est peut-être moi qui voulait qu’on s’occupe de moi, comme un enfant feignant. 

Prendre conscience de la gravité de la situation

J’ai donc pris conscience que, dans ma situation, j’étais de l’autre côté de la barrière. Et je voyais à quel point tout ça peut pousser à bout. Parce que tout ça, c’est bien plus qu’une question de saleté ou de désordre. Ça relève du respect. Il est légitime que mon homme se sente abandonné, et en vienne à se demander si je l’aime, parce qu’il ne peut pas concevoir qu’on agisse de la sorte avec quelqu’un qu’on valorise.

J’ai constaté que, quand on est dans ma position, on est plus doués pour se chercher des excuses plutôt que des solutions. On minimise aussi énormément les remarques de l’autre, en faisant passer ses revendications pour des broutilles. On ne se met pas à sa place et on ne se remet pas en question. Et puis surtout, on est vexés. « Genre, MOI, je ne range pas ? » Bref, tout un tas de techniques de replis qui font tout, sauf améliorer la situation.

Pour moi, la clé de tout ça, c’est la remise en question : parvenir à accepter les remarques de l’autre comme étant constructives pour nous deux. Et nécessaires pour conserver l’équilibre.

Dans un sens comme dans l’autre, ce n’est pas normal

Mon cas de figure est sans doute extrêmement isolé. Mais retourner le problème aide souvent à prendre conscience de son absurdité. On peut citer par exemple ces vidéos où des femmes draguent dans la rue comme des hommes : on prend conscience, en quelques secondes seulement, d’un déséquilibre profond.

Dans le cas de la charge mentale aussi, dans un sens comme dans l’autre, ce n’est ni normal, ni acceptable. Parce que n’importe quel être vivant doit évoluer dans un environnement sain, et se nourrir pour se survivre. Et il n’est pas normal de déléguer à l’extrême des tâches qui relèvent littéralement du bon sens, et du bien-être de chacun.