Extensions cheveux : la misère sur les crânes

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Popularisées par des célébrités telles que les Kardashian/Jenner, les extensions cheveux font un comeback fracassant. Elles permettent d’effacer une erreur de coiffeur, de récupérer une longueur tant rêvée ou de redonner vie à n’importe quelle tignasse fatiguée. Mais en réalité, ce que ces extensions transportent, c’est la misère humaine.

Le voyage des cheveux

En visitant les web shop et les cartes de coiffeurs, je constate que les extensions de « meilleure qualité » (et les plus chères) portent la mention « cheveux humains ». Cringe. Mais en creusant plus loin, on découvre que c’est plutôt la mention « cheveux de la misère du monde » qui devrait figurer.

Allison Joyce / Getty Images

La totalité des vrais cheveux de ce commerce lucratif provient d’Inde. Les Indiennes sont mondialement connues pour leur qualité de cheveux superbe, leur force, leur épaisseur, leur brillance à toute épreuve. On pourrait s’imaginer que les Indiennes vendent leurs cheveux à bon prix. Ça aurait été déjà assez répugnant. Mais c’est pire.

En réalité, beaucoup de ces cheveux sont « offerts » à des temples. Le don de cheveux aux Dieux est présenté comme l’offrande suprême. Par foi, les femmes vont plusieurs fois dans leur vie se faire raser la tête. Elles ne seront pas payées, et devront même payer pour avoir l’honneur de se faire raser pour les Dieux. Notons que l’Inde est l’un des pays les plus pauvres au monde, avec un taux de pauvreté qui avoisine les 29%. Inutile de mentionner que seules les femmes les plus pauvres et se trouvant au plus bas du système de castes donneront leurs cheveux.

Par la suite, ces « temples » vont tout simplement vendre les cheveux à des entreprises spécialisées. Les cheveux seront traités par des ouvrières payées une misère, manipulant des produits chimiques dangereux avec une protection rudimentaire. Ils seront triés, mesurés, lavés, séchés et teints pour certaines). A la fin de ce voyage, nos pays occidentaux recevront les précieuses mèches, vendues à prix d’or.

La misère portée

Porter des extensions indiennes revient à porter l’ADN de ces femmes abusées, combattantes de leur vie, évoluant dans l’un des pays les plus pauvres et les plus dangereux de notre siècle. Prenant soin de cacher l’origine de leurs cheveux, la majorité des entreprises se contenteront de mentionner « cheveux humains ». En y réfléchissant plus en profondeur, il est pour le moins effrayant de penser que l’on porte un morceau de ces femmes, asservies à leur condition sociale. 

En ce sens, le business lucratif des extensions de cheveux se révèle être l’une des expressions les plus directes du colonialisme moderne. S’approprier la « richesse » de ces pays sans paiement, pour ensuite les vendre à prix d’or à des occidentales, toujours plus poussées à perfectionner leur apparence. 

Derrière ces mèches brillantes, des visages, des femmes, des âmes. Alors avant de dépenser une partie de ton salaire dans ces accessoires, par pitié, réfléchis y à deux fois.