Interview : Margaux De Ré, une députée jeune, dynamique et féministe

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Très jeune, Margaux De Ré souhaitait devenir journaliste. Les rencontres en ont décidé autrement : après quelques années en tant qu’entrepreneuse et community manager, à 29 ans, elle est devenue députée. Et elle a bien l’intention de faire bouger les choses, puisqu’elle a été nommée présidente de la Commission parlementaire pour l’Egalité des chances et droits des femmes, qui vient d’être créée.

Cela fait quelques mois que tu es députée au parlement bruxellois. Tu viens du milieu du numérique, comment t’es-tu retrouvée à faire de la politique ?  

J’ai fait des études en communication et en arts du spectacle, c’était ma passion mais je ne voyais pas où ça allait me mener. Pendant mes études, j’ai lancé une start-up dans le numérique et à 25 ans, j’ai commencé à travailler pour la communication d’un parti. De fil en aiguille, je me suis retrouvée sur les listes électorales et puis députée à Bruxelles. 

Tu as dit lors d’une précédente interview que tu as toujours été à l’endroit où on t’attendait le moins. Qu’est-ce que cela signifie pour toi ? 

J’ai toujours été là où on ne m’attendait pas. Je suis la fille d’un immigré italien, je viens d’un milieu populaire et pourtant j’ai quand même fait des études universitaires. Ensuite, alors que j’étais encore étudiante, j’ai lancé ma propre entreprise dans le numérique alors qu’il n’y a pas d’indépendant dans ma famille. Et finalement, à 29 ans, je suis devenue députée. En plus, quand tu deviens une personnalité publique, tu es beaucoup plus soumise à des critiques sur les réseaux sociaux, j’essaie de répondre dans la plupart des cas, sauf quand on m’envoie des vidéos pornographiques, oui, c’est arrivé en si peu de temps…  

Le monde de l’entreprise, du numérique et la politique, des milieux forts masculins. Comment as-tu vécu les choses ?  

Lors de mes réunions d’entreprise, mes interlocuteurs avaient tendance à s’adresser à mon collègue qui s’y connaissait moins bien que moi sur la question. Et maintenant, en politique, on me demande pour quel député je travaille. On m’a également prise pour une serveuse… Je fais des réunions avec des hommes de 50 ans qui ne m’auraient sans doute jamais adressé la parole si je n’avais pas été députée. Et heureusement, je suis blanche car d’autres de mes collègues vivent encore plus de difficultés. On s’encourage avec les femmes d’autres partis. On est également aidées par une nouvelle génération de journalistes qui en a marre d’interviewer toujours les mêmes hommes en costume.  

Au parlement bruxellois, tu présides la toute première Commission pour l’Egalité des chances et les Droits des femmes. Selon toi, le combat des femmes aujourd’hui, c’est quoi ?  

Je pense que notre combat aujourd’hui est plus facile que celui des femmes qui ont dû se battre pour exister. On a notamment été aidées pour cela par le mouvement me too. En Belgique, en termes d’égalité salariale, on y est presque. Mais on a toujours des difficultés au niveau décisionnel, les femmes sont très mal placées. Or sans avoir le pouvoir, il sera difficile d’ajuster les règles.  Au sein de la Commission, je travaillerais sur l’égalité au Parlement et également sur la question des violences faites aux femmes.  

Quels conseils donnerais-tu aux femmes qui souhaiteraient entreprendre ou se lancer dans une carrière politique ? 

Il faut suivre ses envies et ses ambitions. Si tu as peur, entoure-toi de personnes bienveillantes et d’un réseau dans lequel, avec ces femmes, vous vous pousserez à faire ce que vous voulez.