J’ai appris à dire non, et je t’explique comment

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N-O-N. Trois lettres tellement banales et pourtant si difficiles à prononcer. Elles conditionnent parfois notre quotidien et nous poussent à accepter des choses dont on n’a pas forcément envie. Je te parle de mon expérience et de la manière dont on peut changer les choses.

Story of my life

– « Dis ma belle, pourrais-tu relire mon exposé ?« , « Tu pourrais faire cette course pour moi ? » , « Pourrais-tu descendre les poubelles ? » , « Pourrais-tu m’avancer un peu de sous pour le resto ?« , « Tu pourrais écrire un dossier sponsoring pour mon projet ? » , « Pourrais-tu t’occuper des ouvriers ? » , « Tu pourrais bien récupérer mon colis, c’est sur ton chemin » , « Je peux dormir chez toi ce soir ? » , « Je peux goûter ton dessert ? » , « Vous voulez participer à la tombola ? » , « Je vends des gaufres pour mon voyage en Normandie » , « Ca vous dirait de sauver les dauphins du Pacifique ? » , « Je vous fais une carte membre ? » …
– Non, Non, NON, bordel ! Tu comprends ? Non !

Bien essayé. Malheureusement, je suis incapable d’être cette personne qui répond « non » quand elle en a envie. Pourquoi ? Car je n’ai pas ce courage de penser d’abord à mon confort, à mes envies, à mes intérêts avant celui des autres. C’est une qualité, pourrais-tu me dire. Mais au point où j’en suis, je me rends compte que ça ne l’est plus et que ça devient un vrai défaut qui fait de moi une personne incapable d’exprimer son opinion réelle. Et c’est ainsi qu’on finit par se faire marcher dessus, supprimant la barrière entre le vrai et le faux « oui », et puis accumulant frustration sur frustration. Une frustration qui induit le sentiment que ce que l’on pense ou souhaite n’a pas beaucoup d’importance.

La peur de vexer

Il y a plusieurs raisons qui poussent certaines personnes à accepter une situation qu’elles n’apprécient pas. La première étant la peur de se fâcher avec les personnes ou des les vexer. C’est la situation que connaissent de nombreuses personnes avec les êtres qui leurs sont chers. La deuxième est par pure politesse, cela arrive avec les personnes que l’on connaît moins bien, avec des connaissances, avec la belle-famille, avec les voisins, au travail (dans ce dernier cas, la situation peut même mener au burn-out). Or on doit accepter que nous ne sommes pas responsables des émotions d’autrui, ni de la manière dont ils vont interpréter ta réponse. La peur d’être jugé, de passer pour un égoïste, de déplaire… sont encore d’autres raisons qui nous poussent à ne pas écouter nos propres envies.

Les questions à se poser

Dire oui est indispensable pour pouvoir affirmer son identité et (faire) respecter ses envies. Cela ne fait pas de toi quelqu’un d’égoïste. Au contraire, c’est la seule manière de pouvoir être toi-même et de « dire oui » à soi-même. Alors, à chaque fois que l’on te posera une question, dorénavant, demande-toi d’abord ce que tu veux vraiment comme si cela n’engageait que toi, si en donnant cette réponse tu es bien sincère avec toi-même et si finalement la réponse inverse te rendrait moins heureux.

Personnellement, cela a été très difficile pour moi de dire « non ». Je me rappelle d’une fois, en soirée, où une personne que je connaissais un peu m’a demandé si elle pouvait dormir chez moi car elle avait raté son dernier train. J’ai répondu non. C’est méchant, vous allez me dire. Mais je n’avais vraiment pas envie que cette personne dorme chez moi, j’en avais marre d’accepter des situations qui me mettaient mal à l’aise juste pour être gentille. La personne a été choquée et est finalement allée dormir chez une de ses amies. Quant à moi, j’ai dormi sereine, avec le sentiment d’avoir fait quelque chose pour moi.

Alors si vraiment l’avis de la personne demandeuse te concerne et que tu as peur de la vexer, dis-lui clairement tes sentiments, sans te justifier forcément. Trop de justifications pourrait provoquer un sentiment de culpabilité chez toi. Mais un « non » trop sec et sans aucune explication pourrait choquer l’interlocuteur. Explique-lui que tu ne veux pas la vexer mais que tu ne souhaites pas répondre favorablement à sa demande. De cette manière, le malaise que tu craignais sera évité car les parties ont été sincères l’une envers l’autre. Et franchement, quand on décide de penser un peu à soi… on se sent tellement mieux !