J’ai essayé d’adopter un mode de vie (presque) zéro déchet, et voilà pourquoi j’ai échoué

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Tout le monde est au courant, enfin je l’espère: la planète va mal, et même si, à notre petite échelle, on ne peut pas changer énormément les choses, nombreux sont les individus ou les ménages à modifier leur mode de vie, leur façon de consommer. Je fais également partie de ces personnes. Voici mon expérience… qui n’est pas toujours très convaincante.

C’était il y a tout juste un an, en octobre 2018. J’ai décidé d’adopter un mode de vie plus sain, plus écologique et plus économique. J’ai commencé par suivre des « modèles » sur Instagram, des influenceuses qui livraient tous leurs secrets pour arriver au but ultime : ne plus produire de déchets. Et elles en avaient, des idées ! Des recettes, des astuces, des bons plans, et j’en passe. J’ai voulu faire tout comme elles, mais je me suis rapidement rendue compte que quelque chose clochait dans cette histoire.

A l’époque, je vivais seule, donc je n’avais pas cet inconvénient de devoir expliquer à un compagnon, un colocataire ou un enfant comment s’adapter. J’étais libre d’agir comme je l’entendais. Parfois à l’excès…

Trop de totebag tue les totebags

J’ai commencé par le plus simple: les sacs en plastique. J’ai décidé de les bannir pendant mes courses et de les remplacer soit par de bons gros sacs en toile, soit par des mini sacs en tissus pour les fruits et les légumes. Jusqu’ici tout, va bien.

Sauf que je suis rapidement tombée dans l’excès et dans le marketing des magasins, même des plus petites enseignes locales. Chacun me proposait SON sac en tissu à l’effigie de la marque. Rapidement, je me suis retrouvée avec une dizaine de sacs en toile, de toutes les tailles et de toutes les couleurs. Ce qui casse complètement le côté réutilisable de la chose.

Evidemment, ils étaient payants. Pour les économies, c’est raté. Pas besoin de préciser que je n’utilise qu’un ou deux sacs quand je fais les courses et que les trois quarts périssent dans mon placard. Sans compter tous les gros sacs de course en plastique solide que j’utilisais auparavant, et que je n’avais pas jeté pour ne pas gaspiller…

Les gourdes

Le deuxième fail: exactement la même histoire que la précédente. On en a vues partout, sur tous les rayons. Et vu que j’ai été trop radine au début pour m’acheter une bonne gourde à une vingtaine d’euros, je me suis retrouvée à accumuler les gourdes de mauvaise qualité à moins de 10 euros. La gourde pour les soupes, celle pour les boissons chaudes, celle pour le sport, celle pour les boissons froides, celle qu’on distribue gratuitement à l’université, et j’en passe.

Au final, je n’en utilise même pas une seule car je bois au verre chez moi et au travail, et je ne bois presque jamais en dehors. Et ne parlons même pas du côté esthétique de la chose, parce que forcement, on tombe souvent pour les jolis motifs et couleurs de ces petits produits marketing…

La folie des savons

J’ai voulu passer aux shampoings et savons solides. Par manque de temps et d’expérience, j’ai préféré ne pas prendre le risque d’en préparer moi-même. J’ai donc du les acheter, sauf qu’il me fallait trouver celui qui allait correspondre à mon type de cheveu : j’ai dépensé au total une trentaine d’euros, pour finir par réaliser qu’aucun ne me convenait.

Côté savon, c’est l’inverse : je kiffe le savon de Marseille, et je retombe facilement dans l’excès en en achetant de toutes les odeurs (et couleurs). Je me retrouve maintenant avec environ deux ans de savons dans ma salle de bain – puisqu’on utilise un savon plusieurs mois, surtout un solide – tout en sachant que je ne vais pas m’arrêter d’en acheter, tellement les sortes sont multiples et les fêtes de fin d’année sont tentantes… Troisième fail.

Les achats inutiles

Pour une maison zéro déchet, c’est comme pour le fitness et le healthy lifestyle : il y a des produits à avoir à tout prix, que les connaisseurs vont te recommander comme étant le saint-graal. Je me suis empressée de les acheter :

  • Le tawashi (cet espèce d’éponge bricolée avec des tissus de chaussettes), alors que j’ai déjà plusieurs éponges en tissus.
  • Les pailles en inox, alors que je ne bois jamais à la paille.
  • Une cafetière italienne alors que je ne bois pas de café.
  • Plusieurs livres sur des recettes zéro déchet alors que tout est sur le net et que je n’ai jamais essayé une seule recette en un an
  • ….

En bref, le capitalisme m’a rattrapé, à coups de packagings colorés et de produits « must-haves » . Il y a certainement des tas de personnes qui ne tombent pas dans le panneau comme moi, mais il faut savoir que comme toute cause honorable, celle de l’écologie est également récupérée par les services marketing de petite ou grande entreprise.

Le but de toute entreprise est le même : pousser le consommateur à acheter. Il ne faut pas s’en vouloir de céder à la tentation (ces marques y travaillent, justement), ou se culpabiliser de ne pas en faire assez. A toi de trouver ce qui fonctionne pour toi, un effort à la fois.

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La Méthode BISOU

Au final, chacun fait en fonction de ses moyens et des possibilités qui s’offrent à lui. Il en va à chacun la responsabilité de se questionner sur ses achats. Et c’est pour cela que je ne peux que conseiller la méthode BISOU.

B pour « BESOIN : à quel besoin cet achat répond-il ? « , I pour « IMMEDIAT : est-ce que ça ne peut pas attendre? », S pour « SEMBLABLE : ai-je déjà un objet qui a la même utilité? « , O pour l’ORIGINE du produit ? et U comme UTILE : cet objet va-t-il m’apporter une utilité supplémentaire ?  » A toi de jouer !