Le #VogueChallenge, un hashtag qui met les magazines féminins devant leurs responsabilités

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C’est un nouveau défi viral qui secoue internet, et pas des moindres ! Avec le « Vogue Challenge », les utilisateurs recréent des couvertures du magazine emblématique. Le tout avec, pour une fois, la diversité qu’on attend de ces titres de presse qui façonnent les idéaux de beauté. 

Le challenge a débuté sur Tik Tok, plateforme en vogue de laquelle on attendait pourtant pas plus que des danses sexualisées… Mais qui nous surprend, notamment en lançant des défis engagés. Comme les vidéos avec le son « Man, I feel like a woman » qui servent à dénoncer le prix des protections hygiéniques ou encore l’écart salarial. Et, cette fois, la reprise des covers de Vogue.

Il n’y a pas fallu longtemps pour que la mobilisation sociale sans précédent contre le racisme s’empare de ce défi. Les minorités, trop longtemps exclues des couvertures de ces magazines, ont revendiqué leur place ! Et ça fait du bien. Une façon de dénoncer leur manque de représentation profond dans les médias, et notamment dans ceux qui, malgré nous, construisent des normes de beauté

Notons qu’Anna Wintour, en réponse à l’actualité, a fait suivre à ses employés une lettre dans laquelle elle reconnaît les erreurs de Vogue face au racisme.

Je veux dire que je sais que Vogue n’a pas trouvé assez de moyens pour élever et donner de la place aux éditeurs, écrivains, photographes, designers et autres créateurs noirs.

Anna Wintour, rédactrice en chef de Vogue

C’est vrai que ces « moyens » sont effroyablement difficiles à trouver… La preuve avec ce Vogue Challenge.

Il faut dire que Vogue, parmi tant d’autres, n’est pas connu pour son ouverture à la diversité, qu’il s’agisse de couleurs de peau, d’origines, de poids, de genres et même d’orientations sexuelles… Ce challenge offre l’occasion de voir enfin en couverture des femmes noires, asiatiques, arabes (et pas seulement celles qui ont des traits européanisés pour mieux faire avaler la pilule), voilées, rondes, queer, transgenres… Une réappropriation symbolique qui porte la voix de tant de petites filles qui ont un jour rêvé retrouver des physiques comme le leur au creux des pages de leur magazine préféré. 

Les gros titres des couvertures sont eux aussi revus, par exemple en remplaçant les looks et autres injonctions pour l’été par des slogans engagés. Un challenge inclusif, qui aura de quoi faire pâlir Vogue… Chez qui, comme dans beaucoup de titres de presse, la remise en question d’un contenu daté et peu représentatif de la réalité de notre société n’est pas vraiment au rendez-vous. 

Reste à espérer que Vogue, pris d’assaut par ce flot de revendications plus que légitimes, descende de son piédestal… Et puis, surtout, que cela donnera un regain d’énergie aux initiatives de presse indépendante pour représenter plus que jamais la véritable beauté : celle de la diversité.