L’écoféminisme : késako ?

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Depuis toujours, chaque époque a eu ses combats. Un simple coup d’œil sur le monde actuel nous permet de nous rendre compte d’une chose : notre quotidien est rythmé par les victoires féministes et les enjeux climatiques. A première vue, deux sujets bien distincts. Quoi que ?

Un courant de pensée né dans les années 70 (époque à laquelle émergent les consciences face aux problématiques féministes et climatiques) mélange ces deux concepts et leur trouve des similitudes. Mais comment, pardi ?

Les bases de la pensée

Pour comprendre, il s’agit d’abord de considérer les deux problématiques: le cas du féminisme est né du constat que le genre masculin, tout au long de son histoire, a pris une position de force supérieure et d’autorité sur le genre féminin. S’en sont suivis des abus, un non-respect de l’autre, une inégalité de droits et tout un tas d’autres joyeusetés que toi-même tu connais.

L’enjeu climatique, lui, émerge des abus que l’humain a commis contre la nature : non-respect de nombreuses espèces animales, extraction sans fin des richesses planétaires, pollution, déforestation,… Ces exactions nous mènent aujourd’hui au triste constat d’un réchauffement climatique rapide et dangereux, et nous imposent la complexité d’un changement de mode de vie, car ces actions sont profondément ancrées dans notre consommation personnelle ou de masse.

Entre ces deux problèmes, le courant écoféministe voit un point commun : ils découlent tous deux d’un système hiérarchique, où une forme est soumise à une autre dans un rapport de domination.

Depuis toujours, l’être humain se considère supérieur à la nature de par son intellect et sa capacité d’innovation. L’humain pense, invente, évolue, va toujours plus loin, tandis que la nature semble immuable. Certes, il est compréhensible que nous nous sentions plus intellectuellement efficaces qu’un caillou, mais la problématique se trouve dans le fait que ce rapport hiérarchique a permis, depuis des siècles, des abus sur la nature et sur les animaux, dont nous connaissons aujourd’hui les conséquences désastreuses.

Depuis les origines du rapport homme/femme, un postulat se perpétue : la femme a toujours été considérée comme hiérarchiquement en dessous de l’homme, et ce pour plusieurs raisons. Depuis l’antiquité, la femme est visualisée comme soumise à ses pulsions reproductrices. Grosso modo, il a longtemps été considéré que nous étions des utérus sur pattes, moins raisonnables, moins intelligentes. De fait, la femme est perçue de manière indirecte comme « moins humaine », orientée vers le seul objectif de reproduction, si l’on part du principe que l’humain est défini ici comme l’être complexe, intelligent et rationnel. En nous éloignant du statut d’humain, nous, femmes, avons été rapprochées du statut de la nature et de fait, des parties qu’il est socialement acceptable de dominer.

La base de la pensée écoféministe soutient donc que les origines des deux problématiques se trouvent dans les rapports de domination perpétués (parfois inconsciemment) par l’être humain.

Ok, mais maintenant quoi ?

Là tu as presque envie de me dire « grosse ambiance dis donc », et je te comprends, t’inquiète…

Évidemment, ce courant ne s’arrête pas à constater que l’humain est profondément hiérarchique et dominant dans plusieurs de ses comportements, il se veut aussi innovant et source de solutions.

Le mouvement réfléchi à des pistes de revalorisation des liens pour la construction de rapports non-hiérarchiques et non-dominants, tout en prenant en compte l’interdépendance qui existe entre les vies humaines et non-humaines. En gros, il faudrait repenser tout un tas de choses dans notre société, car si tu observes attentivement, tu constateras que la hiérarchie et la domination sont à la base de toutes les institutions, ou presque.

L’écoféminisme est un courant philosophique, de pensée et d’éthique, visant à revaloriser toutes les vies, dans un profond respect de la nature et de la vie en général.

Au-delà d’un courant, il s’agit d’un mantra, d’une ligne de conduite humble et positive dont on peut s’inspirer dans notre vie quotidienne. Prendre conscience que je ne suis qu’une vie parmi tant d’autres, et que le respect est un droit que l’on doit à tout être vivant, peu importe sa qualité humaine ou pas, son genre, son orientation, sa couleur, sa détermination, son sexe, sa condition,… 

L’écoféminisme, c’est le respect de l’autre et par l’autre, nous entendons : de tout.

Pour aller plus loin…

« Ecologie et féminisme, révolution ou mutation? » – Françoise d’Eaubonne