L’intervention de Marie S’infiltre à la manifestation contre les violences faites aux femmes : de mauvais goût ?

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L’humoriste Marie S’infiltre nous avait pourtant habituées à son style. Sa signature ? Des vidéos cocasses mettant en scène ses talents d’improvisation dans l’espace public. Elle avait provoqué un buzz notable en infiltrant le mythique défilé Chanel en ce début d’année. Cette semaine, c’est un buzz doux-amer qui attend la comédienne. Aujourd’hui, on ouvre le débat.

Peut-on rire de tout, partout ?

Effrontée, courageuse, drôle et déterminée, l’humoriste a toutes les qualités pour plaire, et elle plait. Mais en ce week-end de manifestations contre les violences faites aux femmes, elle s’est pourtant faite remarquer de manière moins positive, en rejoignant le cortège à Paris. Affublée de deux hommes déguisés en « esclaves sexuels » et d’un fouet, elle prétendait vouloir illustrer « ce que ça fait d’être soumis ».

L’une des organisatrices de la manifestation lui a demandé de bien vouloir quitter les lieux, étant donné le caractère non-violent de la manifestation. Sur son instagram, Marie a posté une photo de son passage, sapée comme jamais, bien sûr en violet, tenant un panneau « Féminicides Paris », comme pour parodier une publicité mode, placée en premier plan par rapport aux manifestantes.

Les réactions ne se sont pas faites attendre : peut-on réellement vouloir imposer le rire partout ? Peut-on tourner en dérision un sujet aux ressors sociaux-psychologiques si profonds ? N’y a t-il pas là une forme d’auto-promotion ?

Quoiqu’il en soit, il est évident qu’une manifestation telle que celle-ci ne se prêtait pas aux interventions théâtrales, ou en tout cas pas sans une réflexion et une logique solide. Le 2e degré demande forcément au public une mise en contexte, une préparation que le contexte d’une manifestation ne pouvait pas fournir. D’autant plus que la majorité des femmes présentes se trouvaient en rue pour dénoncer les violences vécues, et cette marche portrait malgré elle la trace d’une souffrance collective.

On peut donc se demander si l’intervention de Marie est réellement un sujet de débat à lancer autour de la problématique des violences contre les femmes. Si les femmes doivent se soutenir, chaque intervention et publicité de ces évènements ne seraient-elles pas bonne à prendre ?

L’humoriste a répondu aux attaques par un message sur son compte Facebook, accompagnée d’une vidéo de 2016 rappelant qu’elle couvrait déjà les manifestations contre les violences faites aux femmes, bien avant qu’elles comptent des centaines de personnes.

Et toi, qu’en penses-tu ? Bad buzz mérité ou liberté de s’exprimer ?