Manifestations contre les violences faites aux femmes : retour sur les revendications

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Ce week-end avaient lieu les manifestations contre les violences faites aux femmes en France et en Belgique. Des deux côtés, des centaines de manifestants.tes ont illustré cette puissante mobilisation. Un tsunami féministe semble s’être emparé de nos régions, à un point tel que l’Histoire ne pourra pas ne pas s’en souvenir. Retour sur l’évolution d’un féminisme assumé et popularisé ces dernières années.

Les débuts…

C’est vers 2015 que les premières voix de ce féminisme 2.0 semblent s’être levées. A la base des revendications, la réappropriation du corps féminin. Les réseaux sociaux, qui ont permis la vulgarisation et la publicité de toute une nouvelle frange de contenu, ont également permis la réappropriation de l’espace public par des jeunes féministes. Sur Instagram, on voit se développer un tas de comptes politisés, aussi décomplexants que puissants.

Les revendications, douces en apparence, posent les premières pierres de la route qui mènera les femmes à l’éveil. Certaines dénoncent le tabou des règles, d’autres appellent à la représentation positive des femmes dans les magazines féminins (coucou c’est nous). Dans une prise de conscience collective, le succès ne tarde pas. 

Et pour cause, en tant que jeunes femmes, nous ne nous voyons enfin plus dans l’obligation de devoir suivre une tendance, nous en dictons une. Que ce soit dans le tabou des règles ou dans la représentation des femmes, l’objectif reste le même : rendre aux femmes la pleine possession de leur corps, et par extension, de leur vie.

S’en suivront des revendications plus politiques : harcèlement de rue, féminicides, harcèlement sexuel dans les secteurs du travail, le droit à l’avortement, l’égalité salariale … C’est à partir des réclamations « douces » en apparence qu’on peut émerger les combats les plus puissants.

Il n’y a pas de sexisme moins grave qu’un autre. La blague sexiste peut mener au harcèlement, le harcèlement aux attouchements et les attouchements au viol. Le sexisme est une structure linéaire, un enchainement d’inégalités menant toutes forcément aux faits les plus dramatiques. Et c’est dans cette même logique que se sont enchainés les différents combats, sans que l’un soit « moins important » qu’un autre. 

Les batailles féministes sont des batailles cumulatives : au départ des réclamations de vote, s’en suivront la conquête des droits à l’avortement, desquels découleront les combats que nous connaissons aujourd’hui. 

Les femmes ont dicté les changements

Face à toutes ces revendications, la plupart des médias se voient dans l’obligation de changer de ligne de conduite. On a vu la plupart des grands magazines féminins, pourtant habitués à nous dicter des articles du genre : « 5 régimes avant les fêtes » ou « Comment faire plaisir à Monsieur », se prendre soudainement d’une fièvre féministe. 

Des marques ayant jusqu’à maintenant eu intérêt à capitaliser sur nos complexes se mettent à favoriser une représentation réaliste et inclusive. Que ce soit pour les simples couleurs du magazine, les photos, la typographie ou une réelle modification du contenu : le changement existe. Nous pourrions parler de « purple-washing », technique marketing visant à se réapproprier les codes féministes dans le but de suivre un mouvement de masse, et pourtant, je parlerais ici d’influence. 

Ce qu’il y a d’important, c’est que ce sont les actions et les voix des femmes qui se sont levées si fort qu’elles ont renversé les systèmes jusqu’à maintenant prépondérants. Alors que les tendances marketing s’arrêtaient essentiellement sur le nouveau phénomène du marketing d’influence en la personne des influenceuses, nous pouvons affirmer qu’aujourd’hui que ces années d’influence ont avant tout permis une influence renversée, de la rue aux médias/marques. 

L’influence féministe : le bras armé de la sororité

Au départ, quelques femmes. Aujourd’hui, des milliers. Car la puissance du féminisme se trouve dans son aptitude à réunir et renforcer les femmes entre-elles. Nous l’avons vu avec des mouvements tels que #MeToo : au départ une poignée d’actrice levèrent leurs voix contre un violeur. Par la suite, elles furent suivies par non seulement des dizaines d’actrices, chanteuses, mais également des femmes anonymes. Les témoignages explosent par centaines. Ils émergent de tous les secteurs professionnels, de toutes les classes sociales et se donnent mutuellement la force de parler.  

Les voix des femmes peuvent maintenant se conjuguer au singulier, pour ne former qu’un chœur puissant : celui de notre liberté

Aujourd’hui, reste à s’assurer que les combats puissent atteindre le niveau juridique. Les avancées ne peuvent pas se concrétiser sans un appui législatif. Et le sexisme, en tant que système bien ancré dans nos sociétés, ne pourra pas s’effacer sans un appui judiciaire et politique.