Megan Rapinoe: le ballon d’or ou le sacre d’une icône féministe

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Si tu ne connais pas la footballeuse Megan Rapinoe, c’est que tu as surement vécu dans une grotte cette année. Aucun jugement, tu es au bon endroit pour un petit rattrapage ! Laisse-moi t’expliquer le parcours de cette grande dame qui a remporté le ballon d’or 2019 il y a tout juste une semaine. Une consécration de sa carrière mais surtout un symbole pour ses combats.

Qui est-elle ?

Megan Rapinoe, c’est la capitaine de l’équipe nationale américaine de Football, quadruple championne du monde et quadruple médaille d’or aux Jeux Olympiques. Cette équipe s’est fait connaître du commun des mortels cette année grâce (il était temps quand même) à la diffusion à la télé de la Coupe du monde féminine. Lors de cet évènement, on a découvert cette joueuse exceptionnelle au portrait et aux convictions plus qu’inspirants.

Sa carrière sportive

Megan, c’est presque l’archétype du.de la joueur.se de foot. Elle commence très jeune dans une équipe entraînée par son papa. Elle rejoint l’équipe de son université et est sélectionnée pour l’équipe nationale des moins de 20 ans. Et comme on dit, « the rest is history » jusqu’à aujourd’hui. Si je racontais cette histoire sans nommer Megan, tu aurais très bien pu penser à de nombreux joueurs masculins qui ont beaucoup plus de renommée et surtout un bien plus gros salaire (oui j’anticipe, et alors ?).

Durant la Coupe du monde de 2019, elle est sacrée de tous les côtés, co-meilleure buteuse, désignée meilleure joueuse du tournoi, elle gagne le prix de la meilleure joueuse de l’année par la FIFA, et enfin, le prestigieux ballon d’or ce lundi.

Ses combats au quotidien

C’est presque insensé de séparer sa carrière de ses combats tellement les deux se sont entremêlés depuis longtemps. Et c’est aussi pour ça qu’on t’en parle aujourd’hui. Ses combats ont tout autant d’écho que son talent. En 2012, elle fait son coming out juste avant les Jeux Olympiques de Londres (lors desquels elle remporte la médaille d’or). Elle est considérée comme l’une des premières sportives à avoir publiquement revendiqué son homosexualité.

En 2015, après avoir remporté la coupe du monde, elle demande à sa ligue professionnelle d’améliorer les conditions et la représentation du football féminin. En 2016, elle rejoint le mouvement de Colin Kaepernick et pose un genou à terre lors de l’hymne national pour dénoncer les violences policières à l’égard des noirs américains. En 2018, elle réclame plus de représentation de la communauté LGBTQIA+ dans le sport. En 2019, sous les feux des projecteurs mondiaux, elle refuse de chanter l’hymne national pour marquer son opposition à Donald Trump. Elle affirme d’ailleurs ne pas vouloir se rendre à la Maison Blanche en cas de victoire et maintient cette décision malgré les tweets agités de l’intéressé.

Connue pour son franc parlé, Megan n’hésite pas à décrire le président des Etats-Unis comme un raciste, misogyne et homophobe. Elle est aujourd’hui considérée comme une icône Anti-Trump. Avec son équipe, elle porte plainte contre sa ligue pour discrimination liée au genre. Elle se bat d’ailleurs activement pour l’égalité salariale entre les sexes dans le milieu du sport, et la représentation du sport féminin.

Devenue une favorite des médias, elle reçoit notamment l’award women of the year du Glamour. Elle fait la couverture du Marie-Claire et du In’style magazine avec sa compagne, la basketteuse Sue Bird. Plus symboliquement, le couple fait la couverture du Sports Illustrated pour un numéro spécial sur le corps des athlètes. Elles marquent l’histoire car c’est la première une du magazine avec des sportifs homosexuels.

Megan Rapinoe est une philanthrope qui ne revendique rien de plus que la liberté pour tous. Pour conclure cet article, je reprends une citation de Paris Match qui formule d’une superbe manière ce rêve de liberté en l’opposant à l’obscurantisme.

On pourrait résumer les luttes de Rapinoe au combat entre deux Amériques : celle d’un Trump qui tweete plus vite que son ombre, des ultra-conservateurs qui veulent interdire l’IVG et ignorent le problème racial qui gangrène le pays. Et celle de Kaepernick, Spike Lee et Rapinoe, pleine d’espoir, de lumière, qui cherche à lutter contre la violence, le rejet et l’exclusion.

Martin Stameschkine