Monopoly sort un jeu de société où les femmes gagnent plus d’argent que les hommes

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Mesdames, nous sommes sauvées ! Monopoly a pensé à tout et nous propose de la fausse monnaie pour contrer l’inégalité salariale. Une tentative maladroite et opportuniste de surfer sur la vague féministe, ou quand un combat devient une tendance. #pinkwashing 

Tu croyais sûrement, en cliquant sur cet article, qu’on allait se réjouir de cette initiative ? On t’arrête tout de suite. C’est clair que voir la représentation des femmes évoluer, on ne peut que valider. Mais là… On sent qu’avec Madame Monopoly, on est sur un gros coup de comm plus hypocrite et sexiste que militant. 

Cette nouvelle version du célèbre jeu de société propose des règles adaptées : les joueurs féminins reçoivent plus d’argent au début du jeu (1.900 « mono » à la place de 1.5000 pour les hommes), ainsi qu’à chaque fois qu’elles passent sur la case départ (240 à la place de 200). Un autre visage est aussi présent sur la boîte du jeu : plus de vieux bonhomme à la moustache et au chapeau haut-de-forme, faîte places à « sa nièce », une jeune femme investisseuse. Le but de ce nouveau jeu n’est plus d’acheter des propriétés, mais plutôt d’investir dans des innovations créées par des femmes. 

Sur le papier, ok, c’est cool : ça fait passer le message féministe à plus grande échelle. Mais est-ce qu’il est vraiment intéressant de le diffuser de cette manière ? Est-il utile de préciser que le jeu de société de base, où la monnaie était distribuée de manière égale, représente beaucoup plus les idéaux du féminisme ? Et surtout, que ce n’est pas avec un jeu qu’on fera avancer ni les mentalités, ni nos droits ?

Clairement, ce jeu véhicule une caricature du féminisme, ou comment étouffer le débat de l’égalité salariale en proposant aux femmes… de la fausse monnaie. Et pas grave si, dans la vraie vie, peu de voix s’élèvent pour réclamer l’égalité. 

Ridiculiser le combat féministe

Ce nouveau jeu de société donne l’impression que les femmes ont besoin d’un « petit coup de pouce » (sympa le paternalisme) pour avoir une chance de gagner à Monopoly – et de réussir dans la vie, visiblement. Tout le concept repose à la fois sur une conception erronée du féminisme, mais aussi sur une simple volonté de faire le buzz

Et ça n’a pas loupé : les réseaux sociaux s’enflamment déjà, et le débat stérile s’enclenche. Spoiler alert, les sexistes sont présents avec des commentaires à base de « normal, elles dépensent plus » ou « elles vont tout perdre à la case shopping » (lolol, salut le cliché de la femme vénale).

Cool, on se retrouve donc avec un jeu de société qui alimente encore plus le sexisme, et qui crée une belle diversion du vrai problème. Ou comment ridiculiser totalement un combat pour nos droits. Merci Monopoly.

Parce qu’un bad buzz, finalement, c’est mieux que pas de buzz du tout.