#MOOD : Ça veut dire quoi, être féministe en 2019 ?

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En 2019, en Belgique comme en France, en tant que femme, j’ai le droit d’étudier, de voter, de travailler, de m’assumer. Pendant des années, les femmes furent opprimées, brulées vives, empêchées de travailler, de voter, de vivre. Qui suis-je, dans mon confort occidental, pour me permettre de me revendiquer féministe ? Ce mot possède-t-il encore tout son sens dans notre société ?

J’entends souvent dire « féministe ok, mais pas extrême ». C’est quoi, un féminisme extrême ? Comment un mot défini par le désir d’égalité peut-il être directement affilié à quelque chose de si mauvais ? Tentons ensemble de redéfinir les bases de ce mouvement, et se rappeler le principal.

Il est parfois facile de penser que tout est gagné, que le combat est fait. Pourtant, un mot, un regard ou un geste peut te ramener à la réalité rapidement. C’est un fait : l’action n’est pas finie. Au-delà des faits directement observables par des chiffres, tels que la différence salariale, la différence à l’embauche, le sentiment d’insécurité dans l’espace public, le féminisme en 2019 se définit pour moi comme la capacité à pouvoir déceler les injustices dans une société où notre concentration est si vite éparpillée.

Savais-tu qu’encore 60% des publicités pour des produits de nettoyage sont interprétées par des actrices ? As-tu remarqué que les commentaires sous cette vidéo interviewant une femme ne portent que sur sa coiffure ? Tu as vu ce présentateur demander à cette jeune sportive si elle savait twerker ? Tu viens d’emménager avec ton mec, et tu as l’impression que c’est toi qui dois finir son éducation ?

En cherchant bien, les exemples d’inégalité ne manquent pas. Dans un inconscient profond, la femme est toujours premièrement un objet de beauté hyper sexualisé, ou une mère. Être féministe, c’est prendre conscience de ces « petits » problèmes, et les gérer à sa hauteur. Il faudrait plus qu’un article pour apprendre à gérer chaque situation, mais en prendre conscience est la première étape. La deuxième, parler et pointer l’inégalité, car le silence ne pourra jamais te protéger.

« Elle n’a pas honte avec sa jupe elle ? », « je le mérite plus qu’elle », « maquillée comme ça, moi aussi je peux être belle », « les meufs voilées sont soumises »… Être féministe, c’est accepter les choix de toutes les autres, arrêter de se critiquer pour ce que la société nous a dicté comme Graal : la beauté et les hommes. La compétition entre femmes est le premier obstacle de notre combat. Se revendiquer féministe, c’est créer une alliance avec toutes les femmes pour qu’ensemble nous puissions évoluer vers une société égalitaire et positive.

Au début de l’article, je te parle de notre situation en tant qu’Européennes. Mais être féministe, être femme, c’est être du même sexe que la jeune fille qui s’est faite excisée dans la nuit en Afrique, du même sexe que celle qui a été mariée de force cet après-midi en Orient, que celle qui s’est fait renier pour son homosexualité ailleurs, celle qui a peur, en marchant dans la nuit, celle qui doit encore se battre juste pour le droit de vivre. Il est important de rappeler que notre situation n’est pas la seule. Se revendiquer féministe, c’est être consciente des inégalités du monde entier.

En 1911 se tenait la première journée internationale des droits de la femme, le 8 mars.

Le 8 mars 2019, nous prenons conscience qu’il ne s’agit plus que de droits civiques et politiques, mais de liberté de vivre. L’égalité ne peut exister que par des droits égaux, et des lois égales peuvent encore cacher une vérité peu glorieuse.

Le féminisme actuel, c’est accepter et soutenir des décisions que tu n’aurais pas prise toi-même. C’est la liberté de choisir, de vivre son féminisme comme tu l’entends, pour peu que tu respectes l’autre. Etre féministe en 2019, c’est être ensemble, se soutenir, et se le dire.