Non, tu n’as pas besoin d’un look de rentrée

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Chaque année c’est la même chanson : septembre appelle la Fashion-Week, la Fashion-Week appelle à découvrir les nouvelles tendances, et les tendances nous appellent à acheter. Les marques low-cost ne perdent pas le nord non plus. Partout, on te donne des idées de « looks de rentrée », mais pourquoi ? Est-ce vraiment nécessaire ?

Un besoin commercial

Même si l’on peut voir une certaine logique dans le renouvellement saisonnier d’une garde-robe, l’appel de la rentrée ne forme pas réellement un argument rationnel à l’achat de nouvelles pièces. Pourtant l’injonction est partout. 

A la base, septembre a toujours été le mois de l’entrée sur le marché des nouvelles collections des créateurs, et la Fashion-Week l’occasion de présenter ces nouvelles créations au public. Mais le fast-fashion, dont les collections vont à une allure beaucoup plus rapide, ne manque pas non plus de capitaliser sur le potentiel de la rentrée

En réalité, septembre et novembre constituent à la base des « mois creux » pour les secteurs tertiaires que sont la mode et la beauté low-cost ou moyens, après l’été et avant les fêtes. Déprime de la rentrée, pas encore dans le mood automnal, paiement des impôts pour les ménages, ce n’est pas la période propice aux achats. 

Partant de ce constat, il fallait bien nous créer un nouveau besoin. Faire de la rentrée un évènement pour lequel nous devrions nous préparer en grande pompe. Un besoin créé de toute pièce par des campagnes de communication rondement menées. 

Création d’un mal-être

Au-delà des enjeux économiques, il est intéressant de se demander ce qu’il passe au travers de ce message. T’inviter à t’acheter une nouvelle tenue pour la rentrée, c’est te replonger dans l’anxiété de l’image que nous avions tous·tes à l’adolescence. C’est nous convaincre que, tel·les que nous sommes, nous ne présentons pas assez bien, pas assez sûr·es de nous, pas assez élégant·es, pas assez professionnel·les, pas assez chics… 

En gros, c’est nous persuader que nous devons évoluer pour être mieux que cette simple et pauvre personne que nous étions à la rentrée précédente, et que ce changement passera forcément par l’achat d’un nouveau blazer ou d’une nouvelle paire de bottines. 

C’est te persuader que ce que tu possèdes est dépassé, parce que bon, « le street-wear c’est fini et pas élégant », parce que les cuissardes c’est carrément has-been et que franchement les blazers à carreaux no way.

Bonne nouvelle, tes compétences et ta personnalité restent tes premiers atouts majeurs pour te faire avancer dans la vie, pas ta paire de chaussures. Mais ta confiance en toi ne fait pas vendre.

Prise de conscience

Alors que nos habitudes de consommation sont régulièrement remises en cause, on peut se demander s’il est vraiment utile de refaire toute notre garde-robe à cette période. Et si ce qui est dépassé, ce ne serait pas tout simplement la surconsommation

Le besoin de renouveau matériel reste une logique fortement ancrée dans nos sociétés occidentales, mais elle n’est pas immuable. 

Pour commencer, essaie peut-être de ne renouveler que certaines pièces qui en ont vraiment besoin, des accessoires, tout en t’assurant que tu garderas l’envie de les porter au fil des mois, qui te représentent toi, pas la dernière tendance passagère.

La mode est une tendance. Le style vit en la personne.

Oscar de la Renta