Pilule : la responsabilité contraceptive est sur la femme. Et c’est lourd.

Blog post image

J’ai eu ce débat entre copines (et copain) il y a peu. Quand les mots « grossesse », « sexe » ou « contraception » sont évoqués dans les conversations, celles qui prennent la pilule ont le réflexe de se dire « Oh! It’s time! ». Et tu n’as pas intérêt à oublier si tu n’as pas envie de voir débarquer un mini toi quelques mois plus tard.

La contraception, à de nombreux égards, a révolutionné le quotidien sexuel de nombreuses personnes, et notamment celui des femmes. Depuis l’apparition de la pilule par exemple, elles ont enfin pu décider de leur sexualité, de la manière dont elles allaient pouvoir réguler leur cycle. Et décider quand avoir des enfants, ou ne pas en avoir. Je ne remets pas en cause l’utilité de ces petits médicaments qui, littéralement pour moi, changent la vie.

Une charge mentale quotidienne

Et pourtant… Qu’il s’agisse de la pilule ou d’un autre moyen de contraception type stérilet, anneau, implant, la contraception est majoritairement une préoccupation féminine. Et je ne te parle pas ici des copains attentifs qui mettent un réveil pour toi, pour que tu n’oublies pas d’y faire attention.

Plus de la moitié des femmes utilisent la pilule comme moyen de contraception. Si, aujourd’hui, elles ont le choix entre une dizaine de solutions contraceptives, les hommes n’en ont que trois : le préservatif (et encore, la femme en est aussi responsable), le retrait (mouais), la vasectomie (et ça ne se décide pas à la légère).

Je te parle ici de responsabilité. Celle que tu endosses dès que tu fais le choix de ne pas avoir d’enfant. Celle que tu es obligée d’assumer et d’assurer en tant que femme. Celle que tu vis seule, en angoissant d’avoir mal fait les choses, d’avoir oublié, trop attendu.

La responsabilité de te dire que par définition, ce sera de ta faute. Parce que par la force des choses (qu’on a tellement envie de changer), l’homme ne peut pas utiliser le patch, l’anneau, ni la pilule… Quoi que ! On y reviendra…

Dans notre société, la responsabilité de la contraception est majoritairement sur la femme. Pour celles qui prennent la pilule, on l’a toutes déjà vécu : oublier une fois. Une malheureuse petite fois qui nous vaut des angoisses à ne pas en dormir. On se fait des films, on flippe, on panique, on va chez sa pote, à la pharmacie, à l’hôpital (pour les plus flippées).

Et le coup de grâce du « mais tu dois faire attention ! ». Ah oui, mais on fait attention. On doit juste se rappeler d’avaler cette petite chose tous les jours à la même heure, alors qu’il arrive que je ne l’ai pas sur moi, parce que je n’arrive pas à faire tourner ma vie autour de cette plaquette. Bref.

Pourquoi sur la femme ?

Je me suis longtemps posée la question. Après en avoir discuté avec quelques spécialistes, deux réponses me sont apparues. Et tu t’en doutes, la première attrait à la masculinité. D’une certaine manière, empêcher l’homme de transmettre, c’est le castrer symboliquement. Et ça met en doute sa virilité. Tout cela peut te paraître très cliché, mais dès qu’on parle de contraception bizarrement, toutes les méthodes se sont orientées vers la femme.

Alors oui, la femme porte l’enfant. C’est une raison qui explique que la contraception ait été majoritairement pensée pour elle. Et justement, en y réfléchissant de plus près, l’homme produit chaque jour des millions de spermatozoïdes, susceptibles de féconder l’unique ovule que la femme produit chaque mois. Tu vois où je veux en venir ? Plutôt que de chercher un moyen de condamner ces milliards d’éléments, la contraception s’est principalement concentrée sur la manière de neutraliser cet unique ovule.

La pilule pour homme, vraiment ?

Penser la contraception d’un point de vue masculin, c’est envisager la « problématique » depuis le point de départ, avant même qu’il n’y ait contact. Nous y voilà. La pilule pour homme, quelle formidable invention… Si seulement elle rencontrait un peu de succès. La pilule pour homme existe, mais il semble que l’industrie pharmaceutique n’y investisse pas massivement.

Je ne sais pas toi, mais j’ai beau réfléchir, je ne me souviens pas avoir déjà entendu beaucoup d’hommes en parler sans tabou. Tout ne serait alors qu’une question de gêne ? Ou les mentalités auraient-elles du mal à s’adapter, parce que la pilule, « c’est un truc de filles, pas vrai » ?

Peut-être que pour certains, c’est le fonctionnement même de la pilule qui dérange. Dans le fonctionnement chimique de ce petit médicament, celui de castrer, on l’a évoqué. Des effets secondaires seraient aussi à prévoir, comme par exemple une prise de poids (tiens tiens, ça ne te rappelle rien?) et une chute du bon cholestérol. Pour nous les filles, les conséquences de la pilule sont bien plus vastes. Outre la prise de poids, certaines héritent de cheveux gras, d’une transpiration plus importante, de maux de tête, de dos ou encore un changement de libido

Pourtant, tous les hommes ne sont pas contre (alléluia!). Et c’est peut-être là que le changement doit s’opérer : du côté des hommes, et des femmes, à égards partagés, pour qu’ensemble, la responsabilité de la contraception devienne une problématique commune.

Je te propose un test

Ce test, c’est celui de la pilule fictive. Une bonne manière de faire comprendre à ton partenaire que la contraception via la pilule, c’est une responsabilité quotidienne. Je vais l’appeler le test du Tic-Tac. Prépare-en 21, soit l’équivalent d’une tablette de 3 semaines, et demande à ton compagnon de jouer le jeu. And I mean, honnêtement ! Son objectif, ce sera de prendre un Tic-Tac par jour, pendant trois semaines, à la même heure. Et sans oublier of course.

Comme il va s’appliquer à ne pas te décevoir, il ne va en oublier aucune. Of course. Mais il comprendra le sens du geste : celui de ne pas oublier, de prendre le temps de se lever et d’avaler sa pilule, même s’il est ultra busy sur le moment. On attend vos réactions avec impatience !