Spotted : le retour de la tendance sorcière et son origine

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Chaque automne apporte avec lui son package d’ambiance orangée, teintée de magie et d’odeurs de cannelle, portant son aura mystique à son paroxysme lors d’Halloween. Cette année, en mode ou ailleurs, on prévoit un pic de sorcellerie plus aigu que les années précédentes. 

Witches are back

Influenceuses, séries, lignes de vêtements… La sorcière est remise au goût du jour, et ce n’est pas sans raison ! Plus qu’une tendance pop-culture, c’est un véritable courant féministe qui se dévoile derrière cet élan de magie…

Nous sommes les arrières-petites filles des sorcières que vous avez brûlées

Si la sorcière inspire autant d’admiration et d’intrigue, c’est qu’elle est probablement la figure d’excellence pour toutes les féministes, et pour toutes les femmes. En réalité, ce personnage de fiction (ou pas…) a fait trembler les siècles par ses caractéristiques majeures : son pouvoir et son indépendance, ces mêmes pouvoirs pour lesquels elle sera brulée pendant tant d’années. 

La figure de la sorcière, au-delà de son enveloppe physique, personnifie la force invaincue se trouvant en chaque femme, un pouvoir de domination qui ne se cache pas. La sorcière est alors la femme dans son essence la plus pure, nettoyée de tous les dictats de notre société. 

La sorcière, c’est avant tout la féministe moderne. Nombreux sont les collectifs féministes qui se jouaient déjà de ce lien de parenté pendant les années 60. En 2017, après l’élection de Donald Trump, les sorcières reprenaient déjà possession de leurs pouvoirs et organisaient des manifestations sous la Trump Tower, pour lui jeter un sort collectif.

Pas étonnant que la sorcière ravive nos fantasmes en 2019…

Si vous êtes une femme et que vous osez regarder à l’intérieur de vous-même, alors vous êtes une sorcière.

Manifeste de Witch, 1968

Retour à la nature

Les sorcières jouent également d’une tendance principale de notre génération : le besoin de retour à la nature et au mystique. On remet en cause le principe même de rationalité lorsqu’on se rend compte que ce que l’on nous a présenté comme rationnel risque de causer notre perte.

Les millennials étant déjà adeptes de l’astrologie, les arts occultes ne sont finalement pas si loin. Le retour aux inspirations païennes n’est qu’une conséquence logique de ce revirement de situation. Il se compare au retour en force de l’astrologie et forme alors un mariage d’amour évident avec l’éco-féminisme.

Les médecines alternatives, qui ont pour ancêtres les guérisseuses des temps anciens, marquent également un retour, celui des sorcières, gardiennes de la nature.

Retour aux sentiments

Le principe de base de la spiritualité wicca et du fonctionnement de la sorcellerie se trouve dans les intentions. La sorcière, concentrant toute son énergie sur sa préparation (encens, bougie, potion), laisse ses intentions et ses émotions s’emparer d’elle, dans le but de les voir réalisées. 

Ce retour aux émotions constitue en soi un retour à notre humanité, l’évolution et la science nous ayant constamment, consciemment ou pas, poussés à nous comporter comme des humanoïdes efficaces. 

Rêver de pouvoir

Ce que la sorcière inspire, c’est avant tout la fiction douce et pourtant si forte de notre enfance. Un univers mêlant peur à admiration, loin des problématiques glacées de cette année. 

La sorcière, c’est avant tout la femme. Sa magie, c’est son ambition. La sorcellerie, c’est un nouveau type d’activisme. C’est le genre brimé qui prend conscience de son pouvoir. Ce n’est pas une tendance, c’est une révolution.

Qu’elles vendent des grimoires sur Etsy, postent des photos de leur autel orné de cristaux sur Instagram ou se rassemblent pour jeter des sorts à Donald Trump, les sorcières sont partout

Mona Chollet