#UberCestOver : on note les chauffeurs mais pas les violeurs

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Avec ses prix attractifs et sa facilité d’utilisation, Uber est devenu l’outil favori pour s’assurer de rentrer « en sécurité » une fois la nuit tombée. Et pourtant, voilà plusieurs semaines que les #UberCestOver rugissent sur les réseaux sociaux…

6000 agressions Uber

6000, c’est le nombre d’agressions sexuelles rapportées dans un dossier par Uber rendant coupables des chauffeurs de leur service aux États-Unis. Rien qu’en 2018, l’entreprise enregistre 235 viols déclarés et 3000 « agressions sexuelles par attouchements » (ce qui, à l’évidence, constituent également des viols, malgré les tentatives d’euphémisation du groupe). 

En France, c’est grâce à l’intervention du compte Memespourcoolkidsfeministes que l’affaire prend de l’ampleur. Deux jeunes femmes décident de contacter la propriétaire du compte, Anna, pour leur signaler l’agression qu’elles ont subi. Plus tard, deux autres femmes signaleront avoir été victimes du même chauffeur.

La plateforme restera silencieuse et effacera les messages qui pollueront ses comptes sur les réseaux sociaux, plaçant probablement l’urgence dans l’élaboration d’un plan de communication de crise plutôt que dans la prise en main de sa responsabilité sociale.

Sous la pression collective, l’entreprise se trouvera plus tard dans l’obligation de répondre au travers d’un podcast expliquant comment les affaires d’agression sont gérées. Elle assure avoir « pris les mesures nécessaires » et dénonce le « manque de discernement » de Twitter.

La sécurité des utilisateurs de l’appli est une priorité absolue. Toute agression est traitée dans le cadre d’une procédure intransigeante. En cas d’incident lié à une agression sexuelle, le compte qui aurait commis les faits est systématiquement suspendu à titre préventif.

Déclaration du groupe

En réalité, de nombreuses femmes ont déposé plainte pour le même chauffeur, laissant entendre qu’une plainte n’engageait pas automatiquement une procédure de suspension immédiate. De même depuis la création d’un bouton d’urgence sur l’application, permettant à toute femme de signaler un comportement dangereux. 

Vaine tentative de contenter nos esprits, comme le détaille Anna. « Il y a deux semaines, le chauffeur de Sonia et Noémie était toujours en circulation. Uber envoie des communiqués mais aucune des filles avec qui je suis en contact n’a été contactée par Uber. Et surtout, ils ne présentent pas d’excuses aux victimes« . C’est ce que dénoncent également les avocats des victimes. Attendre que le pire ce soit produit pour agir constitue un non-sens total. Les avocats plaident pour qu’Uber exige l’enregistrement de toutes les courses.

Une affaire de plus, une affaire de trop mettant le doigt dans la plaie béante de l’insécurité des femmes dans l’espace public. Abérrant, quand on sait que 87% des femmes ont déjà subi une agression dans les transports en commun.